Les illustrateurs de l’oeuvre de Barbey d’Aurevilly

25,00 TTC

  • Bruno CENTORAME
  • 144 pages

Barbey a été presque autant illustré que Hugo, et par des grands artistes à redécouvrir.

 

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Description

Extrait

Illustrer un auteur tel que Jules Amédée Barbey d’Aurevilly (1808-1889), peut sembler de prime abord une tâche difficilement surmontable, tant la richesse et la complexité de l’univers du «Connétable des Lettres» paraissent susceptibles de déconcerter un artiste exigeant, conscient de la hauteur d’un tel défi. Pierre Malandain le place au tout premier rang des constructeurs d’univers. Le monde aurevillien est étrange, de cette étrangeté qui n’est pas moins inquiétante d’être, au fond, familière : ensemble poétique sans réfèrent à forme de références, système moral unique et qui servit de repère à beaucoup, modèle idéologique terriblement déchiffrable parce qu’irréductiblement contradictoire. Dès 1937, Pierre Mornand relevait les écueils inhérents à l’ambition d’une telle entreprise. En effet, relevait-il, Barbey d’Aurevilly… joint à ces… qualités d’écrivain et de psychologue très lucide, une triomphale ivresse romantique, si bien que le dessinateur ne pourra jamais, ou très difficilement, concentrer dans une même image les deux faces si opposées de son étrange talent : ou bien il étouffera la sublime envolée en cher­chant à rendre le côté réaliste et dramatique du sujet, où il gâtera le réel et l’humain en l’affublant d’allégories déplacées.
Bref, comme Baudelaire poète, Barbey d’Aurevilly est de la classe des auteurs inillustrables. Tour à tour évocateur de la vie cotentinaise et de moments historiques bien précis, le temps de la chouannerie normande et la Restauration, Barbey est aussi – et surtout – un peintre d’atmosphère, sachant restituer la magie des landes, des marais et des bords de mer… Mêlant avec un art consommé le souffle épique et la réalité d’une province, le «Walter Scott normand» selon Henry Bordeaux, voulut faire «du Shakespeare dans un fossé du Cotentin -, pour reprendre sa propre for­mule ; il est l’homme d’un idéal transcendé par l’art. Marcel Proust ne s’y est pas trompé ; lorsque le narrateur d’A la recherche du temps perdu évoque l’art du compositeur Vinteuil, il a recours à l’oeuvre de Barbey pour mieux expliciter sa pensée : Cette qualité inconnue d’un monde unique et qu aucun autre musicien ne nous avait jamais fait voir, peut-être était-ce en cela, disais-je à Albertine, authentique du génie, bien plus que le contenu de l’oeuvre elle-même. – Même en littérature ? me demandait Albertine – Même en littérature, et repensant à la monotonie des oeuvres de Vinteuil, j’expliquais à Albertine que les grands littérateurs n’ont jamais fait qu ‘une seule oeuvre, ou plutôt réfracté à travers des milieux divers une même beauté qu ‘ils apportent au monde. S’il n’était pas si tard, ma petite, lui disais-je, je vous montrerais cela chez tous les écrivains que vous lisez pendant que je dors, je vous montrerais la même identité que chez Vinteuil.

Informations complémentaires

Poids 662 g
Dimensions 22 x 1.2 x 26 cm

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